{ "createdAt": "2025-09-10T15:51:18.426264Z", "createdBy": "Insula Orchestra", "data": { "description": { "text": "« Je voudrais t’écrire un concerto pour violon l’hiver prochain ; le début me trotte dans la tête et ne me laisse pas en paix. » Il faudra six ans toutefois à Felix Mendelssohn pour achever l’œuvre annoncée dans cette lettre, en 1838, à son ami Ferdinand David. La faute, notamment, à un agenda bien rempli.\nLe compositeur, qui dirige à Leipzig l’orchestre du Gewandhaus, réalise des tournées à Cologne, Düsseldorf, Paris, Londres, Birmingham. À Berlin, le roi de Prusse lui demande d’écrire pour sa chapelle et son théâtre – ainsi naîtra la musique pour Le Songe d’une nuit d’été, suite d’une ouverture créée à dix-sept ans.\nChef d’orchestre, il promeut ses contemporains Robert Schumann, Louis Spohr, Ferdinand Hiller, mais aussi les œuvres anciennes de Georg Friedrich Haendel et Johann Sebastian Bach – on lui doit la résurrection, en 1829, de la Passion selon saint Matthieu.\nPianiste virtuose, mais aussi dessinateur et peintre, l’enfant prodige dont l’esprit éblouissait Goethe a conquis le monde de la musique allemande et européenne.\nAu Gewandhaus, il a fait venir Ferdinand David comme premier violon. Celui-ci le remplace durant ses voyages ; il conseillera en outre Felix Mendelssohn dans l’écriture du concerto – son deuxième en réalité pour l’instrument, après celui en ré mineur composé à treize ans. De là ce brio qui enflamme la partition et magnifie le chant des cordes.\nAchevée le 16 septembre 1844, l’œuvre sera créée par Ferdinand David le 13 mars suivant au Gewandhaus sous la direction de Niels Gade. Le compositeur, alors souffrant, ne peut tenir la baguette ; il reprendra le concerto avec son orchestre et son violoniste préférés quelques mois plus tard, et l’entendra peu avant sa mort sous l’archet de son protégé Joseph Joachim – qui créera à son tour le concerto de Johannes Brahms.\n\nChef-d’œuvre de Mendelssohn dans le genre – il en a écrit notamment pour le piano –, le Concerto pour violon illustre un miracle propre au musicien : l’accord parfait du classicisme et du romantisme.\nLe violon entre sans introduction de l’orchestre – qui pose seulement la tonalité –, les trois mouvements s’enchaîneront sans pause, dans un même souffle. Le célèbre premier thème s’élance, aussi douloureux qu’élégant, vers un second plus serein, tendrement amené par les clarinettes sur une basse flâneuse.\nAu milieu de l’Allegro fait irruption la cadence – grand solo virtuose –, qu’on attendait à la fin ; les thèmes reviennent avec un orchestre inexorable, avant une coda enfiévrée. Le basson tient l’accord final et s’échappe, bientôt rejoint par les autres instruments pour introduire la superbe cantilène du violon.\nGénéreuse, troublée puis apaisée, celle-ci conduit au finale : un instant de tourmente puis une grande vague d’euphorie, sur des motifs qui rappellent la gaité du Songe d’une nuit d’été, avec ses danses de fées et ses fanfares triomphales.\nLuca Dupont-Spirio" }, "distinguishingFeature": "L’entrée du violon sans introduction, l’enchaînement des trois parties dans un seul souffle.", "formation": "Orchestre symphonique et violon soliste", "mainAuthors": [ { "data": { "mainName": { "full": "Felix Mendelssohn" }, "role": { "type": "Composer" } }, "id": "b2713834-eca3-3e75-b763-41e784d95255" } ], "mainTitle": "Concerto pour violon en mi mineur, op. 64", "mainTitleLang": "fr", "otherAuthors": [], "otherTitles": [], "period": "Romantique", "relatedProductionsV2": [], "relatedResources": [], "weLove": "La douleur, la tendresse, l’euphorie touchées par une même grâce.", "weRecommend": "Johannes Brahms, Concerto pour violon" }, "id": "4598a1a7-abb2-34b5-835c-3ca7b2d94293" }
Title
Concerto pour violon en mi mineur, op. 64
Authors
Composer:
Felix Mendelssohn
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