{ "createdAt": "2025-09-10T15:52:03.370673Z", "createdBy": "Insula Orchestra", "data": { "description": { "text": "Schubert a vingt-cinq ans lorsqu’apparaissent les premiers symptômes de la maladie qui l’emportera en quelques années – la syphilis, selon toute vraisemblance.\nComme si la vie reniait ses promesses au prodige viennois, déjà compositeur de cinq messes, six symphonies, une douzaine d’œuvres scéniques et une quinzaine de quatuors, sans compter plusieurs centaines de mélodies vocales – les fameux Lieder.\nMême le succès matériel a quelque chose d’ironique pour celui qui touche désormais cinq fois les revenus d’un professeur – métier de son père et de ses frères, auquel il a lui-même renoncé pour se vouer à son art.\nL’aurore fulgurante mène droit au crépuscule. Schubert entre dans la fleur de l’âge sous le signe de la mort.\nSa santé le fait renoncer à la société mondaine où son renom commençait à croître, où les occasions d’être joué se multipliaient.\nLes sonates pour piano seul, anodines jusqu’alors dans son œuvre, acquièrent dans cette retraite un poids inouï. Une série de chefs-d’œuvre voit le jour dans les six dernières années de sa vie – où le clavier suggère des voix, un orchestre, un drame –, sans jamais accéder au théâtre.\nL’instrument semble un écho du dehors ou du dedans, plutôt qu’une fin en soi : Schubert ne possédera d’ailleurs jamais son propre piano.\n\nEn ce printemps de 1826 où naît la grande Sonate en la mineur, D. 845, il emprunte celui du peintre Wilhelm August Rieder, dans cette Vienne dont il ne se sera éloigné que de deux cents kilomètres à peine au cours de son existence.\nMalgré le répit temporaire que lui accorde la maladie, la tonalité ne laisse aucun doute. L’œuvre s’ouvre sur une phrase à l’unisson des deux mains, qui tombe avec la fragilité des feuilles d’automne – le pianiste Alfred Brendel y entend la voix d’un narrateur.\nSuit un thème aux allures de marche résignée, contrasté seulement par sa propre reprise dans un ton plus lumineux : promesse de victoire dans l’éternité peut-être ; de repos dans ce monde, guère. Au fil du mouvement, Schubert joue sur la noirceur des graves et l’éther des aigus, la densité de la texture, les extrêmes de l’intensité, suggérant à la fois le poids et la volatilité du destin.\nLe second mouvement présente un air populaire dont les variations successives, passant par tous les éclairages et bouleversements rythmiques, désintègrent peu à peu l’optimisme premier.\nLe troisième, scherzo aux appuis haletants, aux accents endiablés, suspend sa course à l’abîme dans la partie centrale, danse céleste où la simplicité paysanne du ländler devient image du paradis.\nPar son élan léger et son atmosphère hivernale, le finale semble une dernière traversée, tantôt contrariée par les duretés du chemin, tantôt illuminée d’un rayon ineffable.\nLuca Dupont-Spirio" }, "distinguishingFeature": "Le fatalisme du discours, teinté d’un espoir fragile.", "formation": "Piano seul", "mainAuthors": [ { "data": { "mainName": { "full": "Franz Schubert" }, "role": { "type": "Composer" } }, "id": "302d23d7-b9f2-317e-ac2c-c7bed1e00465" } ], "mainTitle": "Sonate en la mineur, D. 845", "mainTitleLang": "fr", "otherAuthors": [], "otherTitles": [], "period": "Romantique", "relatedProductionsV2": [], "relatedResources": [], "weLove": "La fluidité, la poésie avec laquelle les émotions les plus sombres se fondent dans un sourire passager, onirique.", "weRecommend": "Les trois dernières sonates, D. 958, 959 et 960 ; les deux derniers quatuors, D. 810 (La Jeune Fille et la Mort) et D. 887." }, "id": "d7d4fd75-5c6c-385e-a545-c8888280f981" }
Title
Sonate en la mineur, D. 845
Authors
Composer:
Franz Schubert
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